Chaque année, la grippe revient nous inquiéter pendant la période hivernale, entraînant un important taux d’hospitalisations et de complications, notamment chez les populations vulnérables. En 2025, la campagne de vaccination antigrippale innove avec la mise à disposition de vaccins spécifiquement conçus pour les seniors, un groupe particulièrement exposé aux formes sévères et aux conséquences graves de la maladie. Ces nouveautés traduisent les progrès de la recherche en vaccinologie, notamment grâce à des acteurs clés tels que Sanofi Pasteur et Seqirus, qui ont développé respectivement le vaccin haute dose Efluelda et le vaccin adjuvanté Fluad. En même temps, les enjeux de vaccination continuent de concerner de nombreuses catégories de la population, avec une attention renforcée en raison d’une co-circulation persistante de la Covid-19. Ce dossier approfondit les caractéristiques, l’efficacité et l’impact de ces nouveaux vaccins ainsi que les recommandations actualisées pour une protection optimale cet hiver.
Les avancées majeures dans les vaccins antigrippaux pour les seniors en 2025
La saison hivernale 2025-2026 marque une étape significative dans la lutte contre la grippe grâce à l’introduction de deux vaccins antigrippaux ciblant particulièrement les personnes âgées de 65 ans et plus. Ces vaccins ont été conçus pour dépasser les limites des formulations classiques, dont l’efficacité est notoirement réduite par le phénomène d’immunosénescence, c’est-à-dire la baisse naturelle de la réponse immunitaire avec l’âge. Sanofi Pasteur, avec Efluelda, propose un vaccin à haute dose quadruplant la quantité d’antigènes d’hémagglutinine pour stimuler une réponse immunitaire plus vigoureuse. Parallèlement, Seqirus met à disposition Fluad, un vaccin doté d’un adjuvant à base de squalène (MF59), conçu pour renforcer la réaction de l’organisme face aux virus grippaux.
Ces innovations répondent à un besoin médical criant. En effet, selon Santé publique France, les seniors représentent la majorité des décès excédentaires liés à la grippe, avec plus de 85 % des décès chez les plus de 65 ans observés lors de la saison précédente. Ces vaccins améliorés ont montré, au-delà de leur capacité à accroître la protection immunitaire, une diminution significative du taux d’hospitalisations liées à la grippe, pneumonies et complications cardiorespiratoires, allant jusqu’à une réduction de 27 % selon certaines études. Ce bénéfice se traduit par un allègement tangible pour notre système de santé, qui doit chaque année gérer un grand nombre de patients en période épidémique.
Bien que la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande l’usage prioritaire de ces vaccins pour les seniors, elle ne privilégie pas l’un des deux sur l’autre, rappelant que leur efficacité clinique est comparable. Le choix dépendra souvent de la disponibilité locale dans les pharmacies, influencée par les contrats avec les laboratoires comme Sanofi Pasteur ou Seqirus. À travers cette stratégie, la France rejoint d’autres pays qui ont déjà intégré ces vaccins de nouvelle génération, créant un alignement vers une meilleure prévention spécifiquement adaptée aux défis du vieillissement immunitaire.

Fonctionnement des vaccins antigrippaux nouvelle génération et leurs bénéfices concrets
Au cœur des vaccins contre la grippe, quelle que soit leur génération, se trouve le principe de l’immunisation par la présentation au système immunitaire d’antigènes viraux inactivés, principalement les hémagglutinines, qui permettent de déclencher la production d’anticorps spécifiques. La différence majeure avec les vaccins classiques réside dans l’intensité et la stimulation ciblée de la réponse immunitaire. Le vaccin Efluelda tient son nom de sa haute dose en hémagglutinine, dose multipliée par quatre, ce qui permet de surmonter la réponse immunitaire affaiblie liée à l’âge.
Fluad, quant à lui, utilise un adjuvant, un composant immunostimulant qui amplifie la réaction du système immunitaire. Le MF59, adjuvant à base de squalène, agit de manière à mobiliser davantage les cellules immunitaires sur le site de l’injection et dans les ganglions lymphatiques. Cette meilleure activation conduit à une production plus large et plus durable d’anticorps. Des études récentes publiées dans des revues à comité de lecture, telles que le New England Journal of Medicine, ont démontré que ces deux types de vaccins renforcés augmentent significativement la protection contre les souches grippales dominantes, notamment chez les seniors.
En termes pratiques, pour les personnes de plus de 65 ans, l’efficacité relative accrue de ces vaccins est estimée entre 15 % à 25 % par rapport aux vaccins standards. Cette amélioration ne se limite pas à la prévention des cas de grippe. Elle se manifeste également par une baisse notable du recours aux services d’urgence et des hospitalisations, conséquence directe d’une moindre gravité des infections. Dans un contexte où les hivers peuvent être marqués par des pics sévères, cette différence de protection représente une avancée majeure qui contribue à préserver l’autonomie des seniors et à réduire leurs complications cardiaques ou pulmonaires secondaires à la grippe.
L’adoption de ces vaccins peut se comparer à un levier d’amélioration fondamental, semblable à ce que l’on a pu observer avec l’arrivée des vaccins ARNm dans la lutte contre la Covid-19 développés par des laboratoires comme Pfizer, Moderna ou BioNTech. Cette montée en gamme pharmacologique traduit les évolutions technologiques et méthodologiques qui bénéficient directement aux patients les plus fragiles.
Stratégies, recommandations et organisation de la vaccination contre la grippe en 2025
La campagne de vaccination antigrippale en métropole débute traditionnellement à la mi-octobre, et pour la saison 2025-2026, son lancement officiel a eu lieu le 14 octobre. Elle s’étend jusqu’à la fin janvier, offrant plusieurs mois pour permettre au plus grand nombre de se protéger. Dans le contexte de co-circulation active de la Covid-19, il est possible d’effectuer la vaccination contre ces deux infections virales simultanément, une mesure facilitant la couverture et limitant les risques de co-infection sévère. Les injections peuvent même être administrées le même jour, une dans chaque bras, sans délai d’attente requis.
Le public cible comprend principalement les personnes âgées de 65 ans et plus, bénéficiaires des nouveaux vaccins améliorés Efluelda ou Fluad, ainsi que les personnes souffrant de pathologies chroniques telles que l’asthme, les maladies cardiovasculaires, les diabètes, ainsi que les femmes enceintes. Les professionnels de santé et les personnels des établissements médico-sociaux font aussi partie des groupes prioritaires, compte tenu de leur exposition et du risque de transmission à des individus vulnérables.
La vaccination est gratuite et prise en charge à 100 % pour ces populations à risque, grâce à un système de bons de prise en charge envoyés par l’Assurance maladie. Ces bons permettent de retirer gratuitement le vaccin en pharmacie ou auprès de professionnels habilités. À défaut, les médecins, sages-femmes ou infirmiers peuvent prescrire ces vaccins. La question de la distribution repose aussi sur des accords entre pharmacies et laboratoires comme Sanofi Pasteur, Seqirus, GSK ou Mylan, garantissant la disponibilité des vaccins renforcés dans le réseau. Les enfants de 2 à 17 ans sans facteurs de risque sont également invités à se faire vacciner, bien que leur remboursement soit partiel.
Ces recommandations se fondent sur des études d’impact montrant un très bon rapport coût-efficacité et une réduction sensible des hospitalisations. Elles visent aussi à freiner la propagation du virus dans les communautés, limitant ainsi potentiellement les absences en milieu professionnel et scolaire, ce qui justifie une mobilisation large et soutenue de la population.
Comprendre les effets secondaires et la sécurité des nouveaux vaccins contre la grippe
Comme pour toute vaccination, la sécurité constitue un enjeu primordial et un facteur d’adhésion essentiel pour le public. Les nouveaux vaccins antigrippaux développés par Sanofi Pasteur et Seqirus reposent sur des technologies traditionnelles, utilisant des virus inactivés, ce qui signifie qu’il n’y a aucun risque de transmission de la grippe par la vaccination. La réaction du corps est celle d’un déclenchement de défenses immunitaires ciblées sans exposition au virus vivant.
Les effets secondaires les plus courants restent bénins et temporaires : douleur au point d’injection, rougeurs, parfois une faible fièvre ou une légère fatigue, passagère et sans gravité. Contrairement à certaines idées reçues, ces vaccins ne contiennent pas d’aluminium et ne favorisent pas d’inflammation sévère. Les rares complications plus graves décrites historiquement, telles que la narcolepsie ou le syndrome de Guillain-Barré, ont été rapportées principalement lors de vaccinations pandémiques, non saisonnières.
Par ailleurs, aucune contre-indication spécifique n’est imposée pour les personnes sous traitement antibiotique, ni en cas de maladies chroniques, sauf allergie connue aux protéines de l’œuf, car le vaccin est produit à partir d’œufs embryonnés. Dans ces cas, l’avis d’un spécialiste allergologue est recommandé. La vaccination peut cependant être différée en cas de fièvre importante, liée à une infection active, conformément aux bonnes pratiques médicales.
Cette proximité avec les vaccins classiques rassure les professionnels de santé et les patients, tout en intégrant les progrès portés par les laboratoires pharmaceutiques internationaux tels que Pfizer, Moderna, AstraZeneca ou BioNTech, qui ont pavé la voie à une meilleure compréhension des réponses immunitaires et à des améliorations continues des formulations vaccinales.
Enjeux sociétaux et perspectives futures de la vaccination antigrippale
La grippe demeure un enjeu de santé publique majeur en France et dans le monde, impactant particulièrement les populations fragilisées. La campagne 2025-2026 illustre une volonté claire d’adaptation et de modernisation des réponses vaccinales, en s’appuyant sur une meilleure connaissance de la réponse immunitaire des seniors et sur le soutien d’acteurs globaux tels que Baxter, Valneva ou encore GSK.
Si le taux de couverture vaccinale reste encore en-deçà des objectifs fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), notamment chez les personnes à risque, la disponibilité de vaccins plus performants est un argument fort pour renforcer l’adhésion. L’amélioration de l’information et l’accessibilité restent des clés essentielles pour toucher un public plus large, y compris les professionnels exposés et les aides à domicile, dont le rôle est central dans la protection des personnes vulnérables.
À plus long terme, les progrès dans les technologies vaccinales, nourris par les expériences récentes avec la Covid-19 et les nouveaux formats ARNm ou les vaccins recombinants, pourraient ouvrir la voie à des vaccins universels ou à des formulations encore plus efficaces. En attendant, les campagnes actuelles avec les vaccins d’Efluelda et Fluad représentent une avancée concrète et immédiate. Elles devraient permettre d’alléger la charge hospitalière et d’améliorer la qualité de vie des seniors face à chaque nouvelle vague grippale.
Pour chacun, la vaccination reste la meilleure protection disponible aujourd’hui, à l’heure où la grippe peut mener à des complications lourdes, et où la vigilance collective est plus que jamais nécessaire pour préserver la santé publique.


















